Derrière les portes d’un chantier d’insertion à Alençon : ouvrir la voie vers l’emploi solidaire

Unis pour faire grandir la solidarité locale.

L’insertion à Alençon : un tremplin local, une aventure humaine

Dans les rues d’Alençon, sur les chantiers participatifs, derrière les ateliers Emmaüs ou à la ressourcerie de Perseigne, un souffle d’espérance circule. Celui d’hommes et de femmes se retroussant les manches. Les chantiers d’insertion ouvrent, ici aussi, des chemins nouveaux pour celles et ceux que l’emploi a laissé sur le bord du chemin. Comment franchir le seuil ? Qui peut accéder à ces dispositifs ? Quelles démarches accomplir concrètement ? À travers ce guide, décryptons ensemble, pas à pas, les critères et les étapes qui jalonnent l’accès à ces chantiers tremplins, ancrés dans la solidarité du Pays d’Alençon.

Comprendre ce qu’est un chantier d’insertion à Alençon

En 2022, selon la Préfecture de l’Orne, près de 200 personnes ont bénéficié d’un parcours en insertion sur l’agglomération d’Alençon (Préfecture de l’Orne).

Critères d’accès : à qui s’adresse un chantier d’insertion dans le territoire d’Alençon ?

Intégrer un chantier d’insertion n’est pas ouvert à tous, mais s’adresse à ceux qui font face à des obstacles durables pour s’insérer dans la vie active. Voici les principaux critères retenus dans le cadre législatif national (Ministère du Travail), adaptés par les structures locales :

Publics prioritaires Description
Demandeurs d’emploi de longue durée 12 mois sans emploi sur les 18 derniers mois, ou plus
Jeunes peu ou pas qualifiés Moins de 26 ans, sans diplôme ou qualification reconnue
Bénéficiaires du RSA, ASS Personnes percevant le Revenu de Solidarité Active ou l’Allocation de Solidarité Spécifique
Travailleurs reconnus handicapés Avec orientation par la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées)
Parents isolés Élevant seuls un ou plusieurs enfants

Selon la Mission Locale de l’agglomération d’Alençon, plus de 60% des jeunes suivis et orientés en chantier d’insertion sont inscrits à la Mission Locale contre 40% par le biais de Pôle emploi (Mission Locale Orne).

Les démarches concrètes pour rejoindre un chantier d’insertion à Alençon

1. Entrer en contact avec les acteurs de l’accompagnement : Pôle emploi et Mission Locale

Selon les derniers chiffres, près de 80 jeunes alençonnais démarrent chaque année un parcours d’insertion via la Mission Locale.

2. L’entretien individuel : exprimer ses besoins, montrer sa motivation

Aucune sélection scolaire, aucun concours – mais un entretien individuel où l’on partage son parcours, ses difficultés, ses envies. Les structures cherchent autant à cerner le besoin d’accompagnement (formation, logement, santé…) qu’à détecter la volonté d’avancer. Les conseillers, qu’ils soient de la Mission Locale, de Pôle emploi ou issus directement des structures d’insertion, sont à l’écoute, dans une approche bienveillante.

3. Constitution du dossier et reconnaissance de l’éligibilité IAE

4. Inscription effective auprès d’un chantier d’insertion partenaire local

Lorsque le Pass IAE est obtenu, le conseiller oriente le candidat vers une structure partenaire. À Alençon et dans la Communauté urbaine, les principaux chantiers d’insertion sont opérés localement par :

Le nombre de places en chantier d’insertion est limité, mais près de 45 postes sont ouverts simultanément sur l’agglomération (source : CUA Alençon Solidarités).

5. Le contrat et l’accompagnement quotidien

Une fois intégré, le salarié signe généralement un CDDI (Contrat à Durée Déterminée d’Insertion), pour une période de 4 à 24 mois, renouvelable sous conditions. L’accompagnement ne s’arrête pas là : formation, bilans réguliers, ateliers collectifs, suivi social – le parcours est construit pour ouvrir de nouvelles portes. Chaque semaine, les salariés retrouvent aussi un collectif, un rythme, des repères. Les témoignages d’anciens parlent d’estime retrouvée, de mains tendues, d’un retour à la citoyenneté.

Ce que changent les chantiers d’insertion dans le tissu local

Depuis 2018, à Alençon, on a vu éclore des jardins partagés, des ateliers vélo, des espaces de réparation éphémères animés par d’anciens bénéficiaires de chantiers. Des success-stories se dessinent, comme celle de Bouchra, qui après deux ans à la Régie de Territoire, est devenue formatrice en entretien des espaces verts.

Agir ensemble : faire connaître, transmettre et élargir la solidarité locale

Les chantiers d’insertion sont des passerelles. Ils offrent, à Alençon et dans ses environs, une bouffée d’oxygène à ceux qui doutent, une chance de rebond à ceux dont la trajectoire a connu des détours. Pour y accéder, le chemin est balisé mais demande la rencontre, l’échange, le dialogue avec des professionnels de confiance. Informer autour de soi, orienter un voisin, oser pousser la porte de la Mission Locale ou de Pôle emploi, c’est déjà contribuer à faire vivre une communauté alençonnaise plus juste, altruiste et soudée. La solidarité, à Alençon, prend parfois la forme d’un entretien, d’un coup de fil, d’un premier chantier. Ensemble, c’est possible.

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