Salariés en insertion à Alençon : quelles formations concrètes pour reprendre confiance et bâtir l’avenir ?

7 mars 2026

À Alençon, des mains qui se forment pour reconstruire des vies

Sur notre territoire d’Alençon, la solidarité ne se limite pas à de grands mots ou à des discours. Elle passe, chaque semaine, par les ateliers, les chantiers, les recycleries, les jardins partagés, où des hommes et des femmes retrouvent une dignité par le travail. Mais tout ne s’arrête pas à l’embauche : la clé pour retrouver pleinement une place, c’est de se former, d’obtenir un certificat, de reprendre peu à peu le pouvoir sur son avenir.

De la remise à niveau des savoirs de base aux certifications techniques recherchées par les employeurs locaux, nous vous proposons ici un tour d’horizon des principales formations accessibles à Alençon pour les salariés en insertion. Nous y mettons en valeur les parcours, outils et organismes qui donnent, concrètement, toutes ses chances à la réinsertion. Parce qu’ici, chaque main tendue se double d’une main qui apprend.






Le système local de l’insertion : chantiers, structures et alliances formatrices

Alençon et ses environs regroupent une vingtaine de Structures de l’Insertion par l’Activité Économique (SIAE)Préfecture de l’Orne. Ces structures (ACI, EI, ETTI, AI) travaillent au quotidien pour accompagner vers l’emploi durable les personnes éloignées du marché du travail. Parmi elles :

  • Emmaüs Alençon et ses chantiers de tri, de transport, de rénovation
  • Le Relais et ses activités textiles
  • Les Jardins de la Louveterie pour la production maraîchère et les espaces verts
  • Insertoit dans la rénovation de logements

Leur force ? Une insertion qui ne sépare jamais pratique et théorie. Les salariés en contrat d’insertion construisent, réparent, servent. Mais ils passent aussi, chaque mois, par des sessions de formation en interne ou chez des partenaires agréés. Objectif : sortir grandis, plus libres, parfois diplômés.






Le précieux sésame du CACES : passerelles vers l’emploi local

À Alençon, comme partout en France, le CACES (Certificat d’Aptitude à la Conduite En Sécurité) est LA certification technique qui ouvre le plus de portes. Mais ici, sa valeur est toute particulière – elle répond à un tissu d’entreprises industrielles, logistiques et de chantiers encore très vivant. Beaucoup de parcours d’insertion mènent, directement ou indirectement, à la préparation de ce certificat.

Qu’est-ce que le CACES ?

C’est un permis interne, qui atteste qu’une personne sait conduire et manipuler en sécurité un engin : chariot élévateur, nacelle, grue, transpalette… Les principales catégories obtenues à Alençon :

  • CACES R489 – Chariots de manutention automoteurs à conducteur porté
  • CACES R486 – Plateformes élévatrices mobiles (nacelles)
  • CACES R482 – Engins de chantier

En 2022, selon la Fédération Nationale des Entreprises d’Insertion, plus de 35% des salariés en insertion accèdent à une formation CACES au cours de leur parcoursFédération nationale EI.

Où et comment préparer le CACES à Alençon ?

Des organismes conventionnés accueillent régulièrement des groupes issus des chantiers d’insertion pour des sessions collectives, notamment :

  • AFTRAL Alençon – centre de formation transport et logistique
  • CFPPA du Robillard (pour les engins agricoles et espaces verts)
  • Formateurs itinérants dans les locaux mêmes d’Emmaüs ou du Relais, selon les partenariats en cours

L’accès au CACES reste néanmoins un vrai levier social. Obtenir ce certificat, c’est décrocher un contrat d’intérim ou un CDI dans une entreprise de l’agglomération, là où la demande de caristes ou de conducteurs d’engins est vive (Sofrilog, Logistique Industrie, chantiers BTP, etc.).






Les habilitations sécurité : gages indispensables de confiance

Au-delà du CACES, le monde du travail multiplie ses exigences en matière de sécurité. À Alençon, de nombreux salariés en insertion bénéficient, au fil de leur contrat, d’habilitations qui rassurent les employeurs et sauvent des accidents.

Des habilitations adaptées aux réalités locales

  • Habilitation électrique BS/BE – indispensables pour les agents d’entretien, les ouvriers polyvalents, de plus en plus présents dans des établissements scolaires, logements ou sites industriels à Alençon
  • SST (Sauveteur Secouriste du Travail) – massivement organisée chaque année à la MJC de Perseigne, chez Filéco ou au sein des ateliers d’Emmaüs. En 2021, plus de 110 salariés en insertion du bassin d’Alençon ont accédé à cette formation vitaleMJC Perseigne.
  • Habilitation travaux en hauteur – fréquente parmi les salariés de la rénovation, du bâtiment et de la gestion des espaces verts, secteurs dynamiques sur le territoire.

À noter : beaucoup de ces habilitations sont financées par les SIAE via le PACTE






Remise à niveau : l’enjeu silencieux des savoirs de base

Parce que l’illettrisme ou la méconnaissance du numérique touchent encore près de 13% des bénéficiaires du RSA dans l’Orne (source : Agence nationale de lutte contre l’illettrisme, 2023), la question des savoirs de base devient centrale en insertion.

Des ateliers pour recoller aux réalités du monde professionnel

À Alençon, plusieurs structures proposent :

  • Ateliers savoirs de base (lecture, écriture, calcul, compréhension de consignes)
  • Initiation numérique (remplir un formulaire en ligne, utiliser le mail, accéder à la CAF ou à Pôle Emploi)
  • Remise à niveau FLE (Français langue étrangère), notamment au sein du Centre Ressources Illettrisme de l’Orne et chez RIDF 61

Ces formations sont courtes mais déterminantes : mieux comprendre une consigne, se débrouiller pour remplir un devis, savoir pointer en entreprise ou dialoguer avec son chef d’équipe. Certains employeurs d’Alençon, comme le centre hospitalier ou les grandes surfaces locales, le disent haut et fort : sans la maîtrise de ces bases, l’insertion dans l’emploi s’arrête vite.ANLCI






Focus sur des parcours concrets : de l’atelier à la réussite

Derrière chaque formation, il y a des visages, des réussites et des histoires qui donnent tout leur sens à l’accompagnement local.

  • Hakim, 27 ans, passé par les ACI espaces verts, a suivi un parcours complet, de la remise à niveau en français au CACES R489 – il a intégré en 2023 une entreprise de logistique d’Alençon, avec un contrat de 18 mois.
  • Céline, 39 ans, bénéficiaire de l’AI Le Relais, a obtenu son habilitation électrique puis suivi la formation SST. Elle travaille désormais à l’entretien d’immeubles pour la ville d’Alençon.
  • Ousmane, 44 ans, a démarré il y a deux ans au Jardin de la Louveterie, passant par des ateliers FLE, puis a obtenu le CACES engin de chantier. Il partage aujourd’hui son expérience volontairement lors des portes ouvertes du chantier d’insertion, encourageant les nouveaux arrivants.

Ces parcours illustrent une réalité : à Alençon, le passage par l’insertion professionnelle n’est pas un chemin à sens unique, mais une voie de compétences, de confiance restaurée et de fraternité partagée.






Partenaires, financeurs et relais locaux essentiels

Ce tissu formateur ne fonctionne pas tout seul. Il s’appuie sur des alliances solides :

  • Pôle emploi et le Conseil Départemental (pour le financement des formations)
  • Mission locale de l’agglomération d’Alençon (accompagnement des jeunes, suivi post-insertion)
  • OFII pour les publics étrangers
  • Organisations locales comme la MJC Perseigne, la Maison de Quartier de Courteille, RIDF 61

Tous sont mobilisés pour que la formation devienne une évidence pour chaque salarié en insertion, et non un luxe réservé à quelques-uns.






Un ancrage alençonnais, une solidarité à visage humain

À Alençon, la solidarité ne s’arrête pas à l’embauche. Elle se prolonge par la montée en compétences, par l’accès à des diplômes qui redonnent du sens et des perspectives. Offrir à chacun la possibilité de passer un CACES, une habilitation ou de retrouver les bases de l’écrit, c’est ouvrir autant de portes vers l’autonomie.

Dans chaque atelier partagé, chaque chantier, chaque centre de formation local, s’entend ce même engagement : former, c’est croire dans le pouvoir de chacun à s’inscrire de nouveau dans la société. Ici, on n’offre pas seulement du travail, mais la possibilité de s’élever, ensemble, vers un monde plus uni, altruiste et solidaire.






En savoir plus à ce sujet :